Rencontres :
Jeannine Leïd
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Jeannine Leïd

L'entreprise Leïd en blanc, à gauche
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Jeannine Leïd : gardienne
des traditions
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Gonfaron, dans son écrin de collines,
au couchant d'un soleil hivernal, émerge des écharpes
de brumes. Un long rayon d'or illumine le vieux village dominé par
un modeste oratoire : la chapelle Saint Quinis. Depuis des siècles, ce lieu est comme une balise ancrée dans le paysage, invitant l'esprit à délaisser pour quelques instants les occupations et inquiétudes d'ici bas afin de grapiller au temps, un moment de paix et de sérénité. Rencontrer Jeannine Leïd, descendante de la vieille famille gonfaronnaise Carrassan, c'est avoir le privilège, par la magie des mots et des émotions qu'ils véhiculent, de chausser les sabots et espadrilles des temps passés et d'approcher avec tendresse, la ferveur des Anciens qui fut à l'origine du culte de Saint Quinis. Quinis, né à Vaison vers l'an
500, quitta sa famille noble et pieuse, renonçant aux
plaisirs, honneurs et richesses pour s'adonner à la méditation
et à la prière.
Après une période de solitude, il s'engagea dans
une démarche d'évangélisation qui l'amena
entre autre à Gonfaron. Sa mission terminée, il
se retira au monastère de Lérins avant d'être
appelé à la fin de sa vie aux fonctions d'évêque
de Vaison. Vénéré pour sa grande spiritualité et
ses miracles, il mourut le 15 février 572. Comme il se doit, le crépitement d'un bon feu de bois accompagne notre hôtesse qui nous conte ses souvenirs d'enfance : « Mon papa me racontait que son ancêtre avait charrié des pierres avec ses deux mulets et la charrette pour restaurer notre petite chapelle. Lorsque j'étais une petite fille, il y a environ 65 ans, tous les enfants du catéchisme se rendaient à la chapelle pendant la neuvaine de Saint Quinis. Chaque matin, nous y montions avec notre cartable pour assister à la messe de 7h . Un peu avant la fin de l'office, Melle Claire qui s'occupait des enfants, nous faisait signe de partir. Nous descendions la colline à fond de train afin de ne pas arriver en retard à l'école qui se situait à l'époque dans les bâtiments actuels de la poste. Chaque année, à l'occasion de cette neuvaine, le Père Géré, missionnaire de retour de pays lointains, nous accueillait à l'église à 11 heures, à la sortie de l'école et également le soir. C'était une véritable retraite. Il nous racontait de belles histoires sur ces pays : la Chine, l'Afrique où comme Saint Quinis en son temps, il apportait la parole de Dieu. Il nous apprenait de merveilleux cantiques et nous l'aimions beaucoup. Pendant très longtemps, la vigne a été la principale économie de notre village, et bien souvent, au printemps, le paysan appréhendait les orages, la grêle qui anéantissaient les récoltes. On entendait alors sonner la cloche de Saint Quinis et souvent, le pire était évité. Lorsque les jeunes avaient des examens, les
mamans montaient à Saint
Quinis sonner la cloche pour que le Saint éclaire leurs
enfants et qu'ils réussissent les épreuves. » L'association « Les amis de Saint Quinis » présidée par Jeannine Leïd constitue la cheville ouvrière de cette manifestation. Structure indépendante de celle de la paroisse, l'association s'est donné pour buts : d'une part de perpétuer le culte du saint et de soutenir financièrement l'entretien des édifices religieux de la paroisse catholique et d'autre part, d'apporter sa contribution à des causes humanitaires dépassant le cadre local. Les bénévoles de l'association mettent en oeuvre diverses manifestations : notamment le repas de clôture de la neuvaine et un gala culturel annuel afin de récolter les fonds qui leur permettent de concrétiser les buts précités. Ayant placé sa vie personnelle et celle de sa maisonnée sous la protection de Saint Quinis, Jeannine Leïd a apporté son soutien actif à l'entreprise spécialisée dans l'élevage et le commerce des chevaux d'agrément mise sur pied par son défunt mari. La proximité et l'affection de ses enfants et petits-enfants adoucissent heureusement ce temps de solitude. La conversation portant incidemment sur les problèmes du tiers-monde, Jeannine Leïd évoque avec un bonheur évident, photo à l'appui, sa filleule de coeur qui vit dans l'état de l'Equateur et dont elle soutient les études. A l'issue de cette édifiante rencontre, une phrase, happée au vol lors d'une interview récente de l'écrivain martiniquais Edouard Glissant me vient à l'esprit : « agir où l'on est et penser le monde... c'est ça l'important ! » |
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| Témoignage recueilli et rédigé par
Germaine DUFRENE-SEQUARIS. Copyright 02/2006 : association gonfaron.net - Gonfaron |
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Vitrail de st.Quinis
à l'église de Gonfaron
Chapelle St. Quinis

Présidente de l'association "Amis de St. Quinis"