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J.-P.Laigle


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Jean-Pierre LAIGLE

Dans le ciel de GONFARON, les ânes volent, c'est bien connu,
mais pour apprendre que des arches stellaires le sillonnent,
il faut rencontrer Jean-Pierre LAIGLE !

Silhouette dégingandée, regard sombre fixant le lointain, mèche charbon en bataille sur le front, Jean-Pierre LAIGLE pourrait être évoqué par ces vers chantés par BARBARA :

"et venu de nulle part ... surgit un aigle noir "

Viendrait-il de nulle part ou à la limite, d'une des treize régions du globe dont il a apprivoisé les langues ?

Non, contre toute attente, il est né à Toulon, de parents français. Par bonheur, une arrière-grand-mère polonaise apporte la touche « d'ailleurs » à son arbre généalogique.




Dès l'âge de 8-9ans, il se délecte des bandes dessinées inspirées par la science-fiction et le fantastique. Cet intérêt précoce se confirme par la découverte de la littérature qui aborde l'évocation de mondes imaginaires en mêlant des informations scientifiques et techniques à la fiction.

Sa vie professionnelle est dédiée à l'écrit à tous les stades de sa production. De traducteur, il devient imprimeur, critique littéraire, éditeur.

Sa curiosité pour les systèmes linguistiques se met au service d'un énorme travail de traduction en français, d'oeuvres écrites dans les langues les plus diverses. C'est le plus souvent en autodidacte qu'il se forme à la lecture et à la traduction au départ de l'anglais, de l'espéranto, du norvégien, du danois, du suédois, du lituanien, du roumain, de l'italien, du provençal, du catalan, du galicien, de l'espagnol, du portugais et même de l'indonésien.

Entrer dans l'intimité d'une oeuvre, capter sa spécificité par rapport au cadre où elle a été conçue et la transcrire en français sans la trahir : cela demande à la fois de la sensibilité, du respect pour la production de l'auteur et beaucoup d'humilité. Jean-Pierre LAIGLE insiste sur le fait qu'il ne convient pas d'utiliser la traduction pour assouvir une frustration d'écrivain raté.

Ce ne fut pas son cas. En effet, c'est en 1999, alors qu'il accède à la retraite, qu'il se consacre à ses premiers écrits, qui furent publiés à partir de l'an 2000 au Canada. (1)

Grâce à la revue Solaris, les Québecois , amoureux de la science-fiction et du fantastique, ont le privilège de se délecter de la grande saga interplanétaire produite par Jean-Pierre LAIGLE .

Une première nouvelle, intitulée « Mission : destinée » met en scène l'Arche I, riche de ses occupants humains et de réserves phytozoologiques revendiquées par un astronef ennemi. Au début du récit, les héros se trouvent à quatre années-lumière dela planète Cor Serpentis 4 qu'ils ont pour mission d'ensemencer et de coloniser... L'aventure rebondit de nouvelle en nouvelle.

Bien sûr, nos repères habituels de temps et d'espace sont retravaillés par l'auteur qui crée un dépaysement total pour le lecteur, simple terrien ! De temps à autre, les personnages s'expriment en "ádàcán", langue que l'écrivain polyglotte a dû avoir bien du plaisir à inventer !

En mars 2005, c'est la revue française : AOC – Aventures Oniriques et Compagnie (2) qui publie une dizaine de nouvelles dont " La Cité des morts" imaginée par Jean-Pierre LAIGLE .

Le héros de cette nouvelle, plongé dans un coma profond, fait l'expérience d'un voyage initiatique dans la cité joliment dénommée "Akhééln'ré", monde intermédiaire où les âmes, composées de matière et d'énergie, sont captées et manipulées, protégées de la dispersion dans l'univers par un repli du champ magnétique terrestre. Masques de cristal, sarcophages, doyens jaloux de leur pouvoir dans la cité des morts, cadre architectural d'une grande beauté, on est emporté dans un rêve où l'esthétique prime.

De sa formation littéraire et de la fréquentation, par le biais de la traduction, d'oeuvres très diverses, Jean-Pierre LAIGLE s'est constitué un style solide, travaillé, classique dans le meilleur sens du terme.

Par ailleurs, il est connu pour ses recherches dans le domaine de la littérature de science-fiction . A l'heure actuelle, il est chargé de rédiger certaines entrées thématiques qui figureront dans le « Dictionnaire encyclopédique de la science-fiction, du fantastique et de la fantasy » à paraître aux éditions de l'Atalante.

Jouer avec le temps, modifier les repères habituels de l'espace, créer des mondes, des personnages, des systèmes politiques, des symboles, des langues , ne serait-ce pas en fait, assouvir une soif insatiable de pouvoir ?

Jean-Pierre LAIGLE n'adhère pas à cette réflexion. Pour lui, imaginer, composer des récits de science-fiction, c'est d'abord un plaisir de nature ludique. A ce sujet, il évoque une observation de NIETZSCHE :
" ce qui frappe quand on voit les enfants jouer, c'est le sérieux qu'ils y mettent ".
Assurément, pour produire des écrits de science-fiction, il faut avoir préservé son âme d'enfant et le sérieux qui la caractérise !

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(1) www.revue-solaris.com
(2) AOC , 52 pages, 3 numéros par an, 3€ le n°, site : www.anneau-monde.com
(3) Courriel Jean-Pierre LAIGLE : erelis_gon@yahoo.fr

Témoignage recueilli et rédigé par Germaine DUFRENE-SEQUARIS.
Copyright : association gonfaron.net - Gonfaron.